M. Amirouche Laidi .
Secrétaire Départemental des Hauts de Seine et Maire-adjoint à Suresnes. UMP
Je me présente, ancien journaliste, aujourd'hui, je travaille dans une agence de relations Presses. Mais à l'origine, je suis journaliste, ce qui explique un peu ma présence à cette table ronde. Actuellement, je suis également Maire adjoint à Suresnes, sur une liste UMP, puis également Secrétaire Départemental à l'UMP, auprès de Nicolas SARKOZY, pour toutes les questions de développement durable.
J'ai été extrêmement enthousiaste lorsque l'on m'a demandé de participer à cette table ronde, parce que le paysage médiatico-politique m'intéresse à double titre, parce que j'ai effectivement occupé des double casquettes à un moment de journaliste et aujourd'hui d'homme politique, même si je n'en suis pas un. Parce que j'ai pu me rendre compte de l'intérieur - c'est ce que je voulais dire à l'intervenante qui m'a précédé, à Hanane - que son discours est juste, mais c'est le discours d'une universitaire et les choses sont plus dans la nuance. En fait, à la fois plus dans la nuance et plus complexes que ça, notamment dans ce qui se passe à l'intérieur d'un parti politique et de l'intérêt, pour nous, d'adhérer à un parti politique. Je prends un exemple tout chaud. Alors ça va paraître pour vous étonnant, mais l'histoire de la sortie de Nicolas SARKOZY sur la discrimination positive n'est pas due au hasard, et c'est rarement du au hasard, les sorties des hommes politiques sur des sujets aussi complexes que cela.
En fait ça a été l'objet d'une très très longue sensibilisation de cette personne, que j'ai eu avec d'autres personnes, et notamment avec une personne qui est présente dans la salle. On l'a rencontré, à plusieurs reprises, il y a un an, et on lui a effectivement parlé des difficultés des minorités visibles. On lui a dit que l'on n'était pas loin de la ligne de rupture, et qu'il fallait faire des gestes forts et d'une manière globale. On lui a demandé, au titre de Ministre de l'Intérieur, de le faire dans sa propre maison et de nommer effectivement. Enfin, de faire en sorte que des commissaires issus de l'immigration émergent, que des préfets issus de l'immigration et pas musulmans émergent. Moi je suis opposé aux préfets musulmans, parce qu'il n'y a pas de préfets catholiques, il n'y a pas de préfets juifs. Je pense qu'il faut que, dans ce pays, émergent des préfets issus de l'immigration pour montrer que l'ascenseur social fonctionne encore. Donc on a poursuivi cette sensibilisation pendant pas mal de mois. Et effectivement le terme de discrimination positive n'est pas forcément le meilleur terme, parce que c'est une connotation assez négative de discrimination.
C'est plus le terme « Active Action » que l'on doit mettre en avant. Mais le Ministre de l'Intérieur a retenu celui de discrimination positive, tout simplement parce que, dans le cadre effectivement du microcosme médiatico-politique, le terme soulève le débat. Il soulève la polémique. Et, à la limite, si c'est le seul intérêt, on a déjà gagné. Aujourd'hui, le terme de discrimination positive est arrivé au devant de la scène politique et médiatique. Donc c'est la première chose que je voulais dire.
Ensuite, on a entendu effectivement RAFFARIN parler de « mobilisation positive ». Je ne sais pas s'il a retenu l'attention de beaucoup de monde. Et puis, ensuite, il y a FILLON qui a fait une sortie sur l'« appui au mérite ». Alors là, c'est encore plus obscur. Donc, tout ça pour dire que le monde médiatico-politique a besoin de phrases fortes et a besoin de provocation. Je crois que, malgré nous, on s'est laissé enfermer sur une bipolarisation autour du problème de l'Islam. Et donc il y a les partisans d'un Islam français ou un Islam de France, et puis il y a les opposants. Et puis, autour, il y a une grande majorité de gens, un peu comme moi, qui considèrent que l'Islam est une démarche personnelle, un rapport personnel avec la foi - c'est l'Islam de nos parents -, et qui ne souhaitent pas être pris en otage sur ce débat-là. En tous cas dans cet univers médiatique où raisonne la confrontation, on n'a pas réussi à faire entendre la voix d'une certaine neutralité qui, je pense, est la plus juste, sur ce sujet.
Autre chose, je suis ancien journaliste et j'ai beaucoup milité avec des grands noms de la presse française, dont David PUJADAS, et puis les grandes signatures d'enfants issus l'immigration qui sont actuellement journalistes, comme Morad AIT HABBOUCHE , puis d'autres. On a beaucoup milité pour une plus grande visibilité, une plus grande lisibilité des minorités dans les médias, parce que l'on ne peut pas nier qu'effectivement il y a une couverture des problèmes liés à l'intégration et à l'immigration qui est celle que l'on voit à la télévision à travers les affaires de délinquance, les affaires de voile, les affaires de terrorisme parfois. Et cette réalité, on ne peut pas la nier. Mais, à côté de cette réalité, il y a une autre réalité que l'on ne voit pas et que l'on souhaiterait voir juste à côté : c'est la réalité d'une immigration, d'une intégration épanouie, fière de leurs parents, fière de leur parcours, une immigration sereine. Donc on plaide auprès des décideurs des médias et auprès notamment du CSA pour que cette diversité médiatique soit reconnue et soit l'objet d'un travail acharné des patrons de chaînes. Voilà ce que je peux dire.
Sinon, je voulais rebondir sur ce qu'a dit Hanane sur l'intérêt pour les jeunes franco-algériens ou franco maghrébins d'investir les partis politiques. Oui, on a une double culture, il ne faut pas la nier. ( L'intervenant est repris sur les termes qu'il emploie) Ce sont mes termes, chacun s'y retrouve ! Toutes les positions sont négatives sur ce sujet-là. Il y a des stratégies à développer derrière et elles sont toutes légitimes. De l'intérêt d'investir les partis politiques et d'être présent petit à petit, d'être représenté au sein des partis politiques, c'est que, quand on connaît le fonctionnement d'un parti politique, il faut savoir que ça se joue à peu de choses. Il y a les comités de circonscription dans les villes. Au-dessus des villes, il y a des comités départementaux. Et puis vous avez des conseils nationaux. Si vous avez passé les comités de circonscription, que vous êtes élu aux comités départementaux et qu'ensuite vous êtes élu au conseil national, vous pouvez faire prévaloir votre position, et donc orienter ou influer sur les positions des autres politiques et faire passer un certain nombre d'idées. Voilà ce que je voulais dire.