Allocution de Madame Parnian SAMARAD,
Membre l’Association des femmes démocratique iranienne.
Ne fermons plus les yeux sur les crimes en Iran
L’Iran est le seul pays au monde dirigé par un régime intégriste islamique où la misogynie est appliquée de la pire manière dans la loi et dans la pratique. Mais l’Iran, ces derniers mois, a été le théâtre d’une nouvelle vague de répression de grande ampleur, particulièrement contre les femmes et les jeunes.
Le 15 août dernier, sous les yeux horrifiés des passants, Ategheh Sahaleh, une jeune fille de 16 ans était pendue en public dans la ville de Neka dans le nord de l’Iran. Dans la parodie de procès de cette adolescente accusée de « corruption » pour avoir été arrêtée en compagnie de son petit ami, il n’y avait aucun avocat et les efforts de sa famille pour lui en trouver un n’ont pas abouti. Le président du « tribunal » des mollahs, a déclaré après l’exécution d’Ategheh qu’elle ne méritait pas la mort, mais qu’elle avait été exécutée pour son insolence. En effet, ayant assurée elle-même sa défense, Ategheh avait lancé au mollah qui officiait comme juge, que «s’il était sérieux, il ferait mieux de s’occuper des auteurs de la corruption et non de s’en prendre aux victimes ». C’est ça la justice des mollahs !
La nouvelle vague de répression interdit d’écouter de la musique en voiture et procède à l’arrestation des filles et des garçons se trouvant dans un même véhicule. Un jeune de la ville de Behchahr dans le nord disait, qu’après son arrestation, les agents lui ont donné dix coups de fouet dans le dos et 20 coups de câble sur la plante des pieds, de telle manière qu’il lui était ensuite impossible de marcher…
Un autre aspect du régime intégriste est de pousser les femmes à la prostitution. Selon les chiffres officiels, la prostitution parmi les adolescentes iraniennes a atteint 635% d’augmentation. D’après ces rapports, dans la seule ville de Téhéran, on compte 84000 prostituées de tous âges. Ce qui est choquant, c’est que ce commerce est sorti des frontières et des milliers de femmes et de jeunes filles iraniennes sont vendues en esclavage sur le marché du sexe à l’étranger. Ces victimes sont principalement envoyées dans les pays arabes du Golfe persique.
Les intégristes qui gouvernent au nom de l’Islam et qui pendent des adolescentes de 16 ans dans la rue, sont les principaux organisateurs de ce commerce. La misère et le désespoir très répandus sont la cause de l’ampleur, sans précédent, du suicide des femmes en Iran, de telle manière que ce pays en détient le record mondial. Ce drame se déroule le plus souvent sous la forme d’immolation par le feu, et touche particulièrement les jeunes femmes de 15 à 31 ans.
Selon l’agence de presse officielle ISNA du 9 août, les derniers chiffres officiels indiquent que le suicide des femmes dans les provinces de Kermanchah et d’Ilam en tant que régions les plus touchées par cette tragédie, a augmenté de plus de 30 et 37% par rapport à 2001.
Quand Khatami a accédé à la présidence il y a sept ans, beaucoup en Occident et particulièrement en France, pensaient qu’il s’agissait de ce Merlin l’enchanteur que le monde attendait pour l’Iran, surtout en matière de droits des femmes. Mais la vérité veut que la situation des Droits de l’homme, mais surtout des femmes, s’est gravement détériorée sous son mandat. Sous Khatami, 18 femmes ont été lapidées. Il a personnellement refusé l’adhésion de l’Iran à la Convention contre toutes sortes de discriminations contre les femmes. Ses slogans réformateurs ont plus fait pour le commerce avec l’Occident que pour la vie quotidienne des Iraniens.
Cela fait plus de dix ans que l’Occident cherche à amadouer les mollahs en feignant de ne pas voir leurs terribles violations des Droits de l’Homme et leur terrorisme. Pour choyer les mollahs et grossir ses intérêts économiques, la France n’a pas hésité à satisfaire la plus grande exigence de cette dictature religieuse, c’est-à-dire de lancer un raid policier contre les locaux du Conseil national de la résistance iranienne en banlieue parisienne le 17 juin 2003 (qui a soulevé l’indignation des organisations de défense des droits de l’homme en France parce que totalement injustifié comme le révèle la vacuité du dossier). L’Union européenne, elle aussi en mai 2002, devant les contrats juteux que faisait miroiter Téhéran n’a pas hésité à placer sur la liste du terrorisme l’organisation des Modjahedines du peuple d’Iran, la seule opposition capable de faire obstacle aux intégristes au pouvoir en Iran. Aujourd’hui, cette politique de complaisance s’avère clairement être un échec cuisant qui n’a abouti qu’à renforcer l’aile la plus anti-occidentale et la plus extrémiste de cette théocratie.
Il est temps de changer cette politique. La communauté internationale a pour devoir de défendre les femmes en Iran.
Bilan de 25 années de dictature intégriste en Iran
• 120.000 exécutions politiques
• 500.000 prisonniers politiques
• 30.000 prisonniers politiques massacrés en l’espace de quelques mois en 1988
• 174 formes de tortures dans les prisons politiques
• Des milliers de pendaisons publiques.
• Des châtiments cruels et inhumains en public comme :
la lapidation, les amputations, arracher les yeux, la décapitation, le fouet, etc.
• Arrestation de plus de 800.000 personnes par an ces dernières années.
• Depuis qu'ils sont au pouvoir, les mollahs ont arrêté et emprisonné plus de 7 millions de personnes.
• Une moyenne de 2,5 millions d’opérations de police par an.
• Mise en place de plus de vingt organes de répression.
• Une moyenne de 6 millions de dossiers judiciaires ouverts chaque année.
• La discrimination sexuelle contre les femmes et des pratiques misogynes légalisées et institutionnalisées.
• La répression des minorités religieuses.
• Des centaines de journaux et de publications fermées.
• 450 attentats terroristes à l’étranger
• Deux millions de morts et de blessés durant la guerre avec l’Irak.
• Mille milliards de dollars de dégâts économiques durant la guerre Iran-Irak.
• Développement d’un programme d'armes de destruction massive nucléaires, biologiques et chimiques qui a engouffré des dizaines de milliards de dollars.
• Développement massif de la fraude, de la corruption et des détournements de fonds sur le budget du pays.
• 7 millions de drogués
• 80% de la population vivant sous le seuil de pauvreté
• 30 % de la population active officiellement au chômage, et 30% dans un chômage non déclaré.
• Record mondial en matière de suicides, surtout dans la population féminine du fait du désespoir qu’entraînent la répression et des conditions économiques et sociales catastrophiques. On compte 20.000 suicides par an.
• Chaque année, 100.000 diplômés universitaires se retrouvent au chômage.
• L’Iran détient le taux le plus élevé de fuite des cerveaux.
• 1,3 million d’élèves ont abandonné leur scolarité en un an.
• L’agence de presse officielle du régime a annoncé que l’Iran détenait le plus haut taux de mortalité dans le monde.
• Retour de maladies qui avaient disparu depuis des années, comme la malaria ou le choléra.
• 2 millions de personnes atteintes d'Hépatite B et 400 000 d’Hépatite C
• 100.000 personnes atteintes du Sida
• 10 millions de personnes atteintes de maladies psychiatriques
• Record mondial de tués dans les accidents de la route
• Plus de 7 millions d’handicapés
Document
Parnian SARAMAD
Fédération internationale des femmes contre l’intégrisme et pour l’égalité(WAFE),
membre du comité de parrainage)
CSDHI (Le Comité de Soutien aux Droits de l'Homme en Iran)
E-mail : wafe_fr@yahoo.fr
Site Internet : www.csdhi.org